L.A PRF et I.PRF: Leucocyte Advanced PRF et Injectable PRF

Proposé par Choukroun et Schleicher en 2000, le PRF, concentré plaquettaire et leucocytaire de 2ème génération, peut être considéré comme un biomatériau autologue de cicatrisation. En 2010, on parle de L.PRF (leucocytes) et en 2013 de A.PRF (Advanced PRF avec récupération de monocytes dans l'exudat plasmatique) suite à un ralentissement de la vitesse de centrifugation (1500 trs/mn au lieu de 2700 trs/mn) et allongement du temps de centrifugation (14 mn au lieu de 12 mn) dans des tubes en verre et plus plastique.

Il est aujourd’hui le seul protocole utilisé en France. Le texte réglementaire spécifique au PRF précise l’obligation de formation à la préparation et à l’utilisation du L.PRF et Advanced.PRF ainsi que la possibilité de pratiquer le prélèvement sanguin par le chirurgien dentiste.

Quelles conclusions cliniques et fondamentales après 13 ans de recul ?

De nombreuses publications sont parues notamment ces 2 dernières années : elles confirment le haut potentiel de stimulation des cellules présentes par le PRF.

  1. Le PRF stimule de manière puissante toutes les cellules qui sont mises en contact avec les facteurs de croissance libérés par la membrane.
  2. La propriété majeure du PRF réside dans la capacité à libérer des facteurs de croissance pendant au moins 7 jours. Cet effet « retard » procure au PRF un pouvoir de stimulation très puissant.
  3. Une dernière innovation, la « PRF Box » permet d’obtenir des membranes de fibrines riches en plaquettes de taille et épaisseur constantes, mais aussi de récupérer l’exsudat du L.PRF (100% de plaquettes, 100% de facteurs de croissance et 65% de leucocytes) et A.PRF (monocytes) riche en protéines d’adhésion: vitronectine et fibronectine, PDGF et VEGF, facteurs de croissance vasculaire favorisant l'angiogénèse (revascularisation), l'adhésion des ostéoblastes sur les biomatériaux et le titane.

Efficacité clinique

  1. Tissus mous : La cicatrisation est nettement accélérée, mais ce n’est pas l’apanage du seul PRF. Le PRF et le PRGF sont également actifs. Mais le PRF est plus actif car il stimule les cellules plus longtemps puisque les facteurs de croissance sont libérés pendant plus d’une semaine.
  2. Tissus osseux : La capacité du PRF à stimuler les cellules osseuses est la même que les autres lignées cellulaires, car c’est un effet biologique. Mais, pour stimuler la croissance osseuse, il faut simplement que dans le comblement, se trouvent les cellules osseuses. Si des cellules osseuses se trouvent dans le site, alors le PRF va les stimuler fortement. La présence de ces cellules va dépendre du type de biomatériau présent. L’attraction des cellules osseuses dans le site de comblement n’est pas le même pour tous les biomatériaux.
  3. Sites naturellement riches en cellules : C’est le cas des sites d’extraction et des sinus. Ces sites sont tapissés de cellules osseuses et les résultats sont probants. Chaque fois que le PRF est présent dans ces sites, l’ossification est accélérée. Le comblement de l’alvéole dentaire en post-extractionnel avec le L.PRF et A.PRF donne d’excellents résultats. Il n’est pas nécessaire de rajouter un biomatériau lorsque les parois alvéolaires sont conservées.

LEGISLATION

Après plusieurs années d’attente, le PRF est enfin autorisé dans les cabinets dentaires et stomatologiques par le Ministère de la Santé.

Cette autorisation est néanmoins assortie de conditions médico-légales, à savoir l’obligation d’avoir suivi une formation à la préparation et à l’utilisation du PRF.

Mais la Direction Générale de la Santé a également reconnu la capacité du Chirurgien dentiste à réaliser le prélèvement sanguin en introduisant une nouvelle interprétation de l’article L.4141-1 du code de la déontologie selon lequel « la pratique de l’art dentaire comporte, la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies congénitales ou acquises, réelles ou supposées, de la bouche, des dents, des maxillaires et des tissus attenants, suivant les modalités fixées par le code de déontologie de la profession mentionné à l’article L.4127-1 ».

Cette capacité n’est pas limitée à une liste d’actes mais par le siège anatomique ( bouche, dents, maxillaires et tissus attenants) de la pathologie concernée. Autrement dit, dès lors qu’il s’agit de prévenir, diagnostiquer ou traiter une pathologie intéressant ce territoire anatomique, le chirurgien dentiste peut, en toute légalité, recourir à l’ensemble des actes et prescriptions nécessaires. L’utilisation du PRF et le prélèvement sanguin font donc bien partie du champ de capacité des chirurgiens dentistes. L’acte de prélèvement sanguin nécessaire à cette technique, en tant qu’il est réalisé dans le cadre du traitement d’une pathologie maxillaire, est donc inclus dans ce champ de capacité légale et peut donc être prescrit ou effectué par une chirurgien dentiste au même titre que les actes infirmiers – injections IM ou IV – nécessaires à l’administration de certains médicaments. Bien entendu, les praticiens, doivent avoir été obligatoirement formés à cette procédure…

C’est une véritable clarification des capacités du chirurgien dentiste qui a été possible grâce à l’action du Syndicat National des Parodontologistes et Implantologistes (S.N.P.I.) et de son Président le Dr Paul SAMAKH.

Article rédigé par le praticien le 02/05/2017